Girmay

girmayJe m’appelle Girmay, j’ai 33 ans et je viens d’Erythrée. Au collège je jouais du football. En 2002 j’ai été sélectionné par l’équipe nationale d’Erythrée. Je suis devenu un professionnel. En 2006, l’armée m’a pris de force. Ils m’ont attaché avec d’autres et nous ont enfermés durant un mois. Après une année de formation, j’ai été envoyé à la frontière du Yémen dans la navy. En dehors du travail de soldat, nous devions pêcher et préparer du poisson pour que le gouvernement le vende à d’autres pays. Nous n’étions pas payés mais devions travailler tout le temps. Je me suis fait un ami, Mussa. Il pesait le poisson et je notais les chiffres. Notre manager gardait la moitié de l’argent de la vente pour lui dans le dos du gouvernement. Le gouvernement a réalisé que les chiffres n’étaient pas corrects, ils sont venus nous chercher Mussa et moi. Ils nous ont mis en prison et torturés pour que nous dénoncions la personne qui volait l’argent. Durant la nuit, le manager envoyait ses hommes nous torturer et nous menacer de mort si nous les dénoncions. On étaient coincés. Un jour Mussa a disparu, je ne l’ai jamais revu. Je crois qu’il est mort.

Après quelques temps, j’ai été relâché et renvoyé dans la navy. Notre ancien manager était devenu chef de la prison. Il m’a ordonné de quitter le pays, ou il me tuerait. J’ai marché deux jours et deux nuits jusqu’à Djibouti. Là-bas, j’ai été mis dans une prison de réfugiés erythréens. C’était horrible. Pas de place pour dormir, trop de monde et 50°. Une femme erythréene qui travaillait pour l’ONU a négociaté avec l’Erythrée, Djibouti et Genève et a réussi à me faire sortir. Je n’avais nulle part où aller, et comme cette femme venait de Genève, je me suis dit que la Suisse devait être un bon pays. C’est pour ça je suis venu ici. Je suis très heureux ici, je me sens en sécurité. J’aimerais travailler sur des chantiers, mais mon rêve serait de devenir chef. La cuisine est ma passion !

My name is Girmay, I am 33 years old and I come from Eritrea. In high school I played football. In 2002 I got selected by the Eritrean national football team and became a professional. In 2006 the army came and took me by force. They shackled me to others and kept us captive for a month. After a year of training I got sent to the border of Yemen in the navy. As well as our soldier job, we had to fish and prepare the fish for the government to sell to other countries. We worked more or less non-stop, and unpaid. The manager was pocketing half the money made by selling the fish behind the government’s back. I made a work friend, Mussa, he was weighing the fish and I wrote down the weight. After a while, the government realised money was missing as the numbers did not add up. They came and got Mussa and me, put us in jail, tortured us for us to tell them what we did with the money. At night, in prison, the fish manager would send guards to torture us as well, telling us not to speak or we would get killed. We were stuck. One day Mussa disappeared, I never saw him again. I believe he is dead.

After a while I got released and sent back to the navy. Our fish manager became head of the prison. He told me to leave the country or I would be killed. I walked for two days and two nights and arrived in Djibouti. I got sent to a refugee prison. Prison was awful. No room to sleep, too many people and 50°. An Eritrean woman working for the UN negotiated with Djibouti, Eritrea and Geneva, and she got me out. I had nowhere to go, and this woman was from Geneva, so I thought Switzerland must be a very good country. That is why I came here. I am very happy here, I feel safe. I would like to work on a construction site, but my dream would be to become a chef. Food is my passion!