Jawad

jawadJe m’appelle Jawad, j’ai 28 ans et je viens de Midan Wardak en Afghanistan. Durant trois ans, j’ai travaillé comme traducteur à Logar pour une compagnie employée par l’armée américaine. Quand tu travailles pour les Américains en Afghanistan, tu es considéré comme un traître par les talibans. Nous devions escorter des gens pour prendre du matériel, ce qui était dangereux car tout le monde savait que je travaillais pour les Américains. Après une année, j’ai reçu une lettre de menace dans ma chambre en ville. Dès ce moment, j’ai dû vivre dans la base militaire. Quand les Américains sont partis, ils nous ont dit qu’ils ne pourraient plus nous protéger, ni nous donner des visas, alors ils nous ont juste laissés là, à la merci des talibans. J’ai essayé de vivre caché, mais j’avais trop peur et trop de gens savaient qui j’étais. La seule solution était de partir. Je suis allé en Iran mais j’étais traité comme un esclave alors je suis parti.

A la frontière iranienne-turque, l’armée iranienne nous a tiré dessus. Un de mes amis a été capturé. Je suis resté quatre heures dans de l’eau glacée, caché, et mes jambes me font mal depuis. Cela a pris trois semaines pour sortir les épines de ronces plantées dans ma peau durant cette chasse à l’homme. En Turquie, des gens nous ont mis dans une pièce où quelques hommes armés sont venus nous regarder. Nous pensions qu’ils allaient nous vendre comme esclaves ou nous tuer. Ils nous ont demandé de l’argent pour aller jusqu’aux bateaux. Il y avait trop de monde dans ces bateaux et nous nous sommes retrouvés sur une île déserte durant dix jours. A Athènes, j’ai aidé des bénévoles à traduire pour les réfugiés durant environ dix jours. J’ai rencontré un bénévole suisse vraiment super. C’est pour cela que j’ai décidé de venir en Suisse. Je suis ici depuis une année, j’ai rencontré une femme afghane mariée à un Suisse ici. Elle est comme ma grande soeur. Durant cette année, mon frère a été enlevé et torturé par les talibans, puis laissé pour mort, ils pensaient que c’était moi. J’ai reçu une autre lettre des talibans, me disant qu’ils vont me tuer. Les autorités suisses ont refusé de m’octroyer l’asile, je ne sais pas ce que je vais faire. Je suis terrifié à l’idée de rentrer en Afghanistan et de me faire torturer et tuer.

My name is Jawad, I am 28 years old and I come from Midan Wardak in Afghanistan. For three years I worked as a translator in Logar for an American company who worked for the US army. When you work for the Americans you are seen as a traitor by the Talibans. We had to escort people to pick up materials. It was dangerous as everybody knew I was working for the army. After a year, I got a threat letter in my room in town. From this moment I had to live in the army compound. When the Americans left, they said they couldn’t protect us anymore, nor give us visas, so they just left us there, at the mercy of the Talibans. I went into hiding but it was too scary and too many people knew me. The only choice I had was to flee. I went to Iran but was treated like a slave so I left.

At the Turkish, border the Iranian army fired at us. One of my friends was captured. I stayed hidden for four hours in freezing water and my legs have been painful ever since. It took three weeks to pick the thorns out of my body that I got during my escape. In Turkey people put us in a room, where a few armed men came to see at us. We thought we would be sold as slaves or killed. They asked us for money to take us to the boats. There were too many people in the boats and we got stranded on a desert island for ten days. In Athens I helped volunteers for ten days with translations and met a great Swiss guy. That is how I thought about going to Switzerland. I have been here a year, I met an Afghani woman married to a Swiss. She is like my big sister. During this year, my brother was abducted by the Talibans, tortured and left for dead. They thought he was me. I got another letter form the Talibans saying they will kill me. The Swiss authorities have refused my asylum request. Now I really do not know what I can do. If I go back to Afghanistan I will be tortured and killed. I am terrified.