Jutyar

jutyarJe m’appelle Jutyar, j’ai 25 ans et je viens d’Iraq. J’aime chanter. Je joue du zarab, c’est un instrument traditionnel irakien, une sorte de tambour. J’adore en jouer et chanter pour mes amis, les faire rire, mettre de l’ambiance. Dans ma famille, mon papa était dans l’armée et j’ai suivi ses pas, mais je l’ai caché à ma mère. Il est mort quand j’étais petit et ça aurait été trop dur pour elle de me savoir en danger. Je faisais partie d’une section d’assaut anti-terroristes et j’en suis vraiment fier. J’aime la vie de soldat et l’esprit de corps, la confiance entre frères.

Un jour, notre général nous a donné l’ordre de tirer sur des civils. J’ai refusé car je m’étais engagé pour éliminer Daesh de mon pays, pas pour tuer des civils. Un soir, on a frappé à ma porte, j’ai d’abord cru que c’était Daesh mais j’ai vite compris que c’était des collègues venus me chercher.Je me suis enfui par les toits, puis un ami m’a appelé pour me prévenir que notre général leur avait donné l’ordre de me tuer. Si je restais, c’était une balle dans la tête, à moins de suivre des ordres qui étaient contre mes convictions. Je me suis engagé dans l’armée afin que les civils de mon pays aient une meilleure vie, qu’ils soient en sécurité . J’ai donné sept ans de ma vie pour cela. J’ai de la colère contre Daesh et aussi contre mes supérieurs. Ils m’ont enlevé ma vie. J’adorais ce que je faisais. Je pensais que c’était bien et juste. Ma mère doit maintenant dire à tout le monde que je suis mort. Elle en est malade.

My name is Jutyar, I am a 25 years old and I come from Iraq. I love singing. I play the zarab, a traditional Iraqi drum. What I love most is playing and singing for my friends, making them laugh, entertaining them. In my family, my dad was in the army. I followed in his footsteps, but I hid this from my mother. My dad died when I was young and it would have been too hard for her to know I was in danger. I was in the Iraqi S.W.A.T., an anti-terrorist section and I am proud of it. I love the army life, the “esprit de corps”, the loyalty and trust between brothers.

One day our General ordered us to shoot civilians. I refused because I enrolled to eliminate Daesh from our country, not to kill my own people. One evening there was a knock at my door. At first I thought it was Daesh, but I quickly realised it was my colleagues who had come to get me. I escaped by the roofs. Then a friend rang to warn me that our General had given them the order to kill me. If I stayed it was a bullet in the head, unless I followed the orders, and that was against my beliefs. I enrolled to help people in my country, for them to have a better life, a safe life. I gave seven years of my life for that. I am angry against Daesh but also against my superiors. They robbed me of my life. I loved what I was doing, I believe it was right and justified. Now my mum has to say to everybody that I am dead, she is sick because of it.